FRÉDÉRIC PENELLE / « À toutes fins utiles »
29.09.17 > 28.10.17

« Á toutes fins utiles  » est le titre choisi par Frédéric Penelle pour cette exposition qui marque la fin de son séjour dans les ateliers d’artistes MAAC. Depuis toujours soucieux de sortir des sentiers battus, Frédéric Penelle a développé une pratique murale de la gravure dont les recherches trouvent leur consécration dans le projet Mécaniques Discursives, réalisé en duo avec Yannick Jacquet que l’on pourra découvrir dans l’exposition.

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Du confinement aux premières fresques

Né en 1973 à Bruxelles, Frédéric Penelle commence un premier cursus en Illustration graphique à l’ERG, avant de s’inscrire à La Cambre-ENSAV d’où il ressort en 1999 diplômé de l’atelier de gravure. Ensuite, il sera tour à tour soudeur, encadreur, scénographe, régisseur d’exposition, animateur, graphiste, maquettiste et actuellement, il enseigne à l’École des Art d’Ixelles.

Récompensé de nombreuses fois dans le passé¹, son travail offre un souffle nouveau à la gravure. Par un processus d’assemblage et de découpe, il a détourné ce médium de son utilisation classique en le déployant dans l’espace pour livrer une oeuvre inédite, malicieuse et aussi réjouissante que cruelle. Les installations de Frédéric Penelle subliment autant qu’elles diabolisent les turbulences de notre époque contemporaine. Séduisantes aux premiers abords, elles renvoient l’image d’un monde enchanté mais en s’approchant, on découvre une sorte d’usine peuplée d’âmes errantes, de personnages et d’animaux bizarres, aux allures tragiques d’une gravure ancienne de Piranèse.

Proche de l’esprit subversif des Dadaïstes, Frédéric Penelle a toujours cherché à faire sortir l’image imprimée de son cadre et à s’affranchir des limites de la 2D. Une première rupture dans son processus de travail survient en 2005 lorsqu’il commence à utiliser des images issues de l’histoire de l’art, de la mode, des sciences ou des médias. « Assumer de travailler d’après des photos ou des images préexistantes m’a aussi permis d’accepter des éléments figuratifs, ce qui s’éloignait totalement de mon mode fonctionnement. A cette époque, j’avais aussi la frustration immense d’être enfermé dans la feuille de
papier. L’envie de couvrir des murs et de travailler dans de plus grandes dimensions me taraudait. La solution a été de découper dans le papier, pour ensuite l’agrandir en passant par la photocopie. » Une première grande fresque sera créée pour le Botanique en 2006.

Frédéric Penelle manipule la matrice. Image gravée dans le bois, elle est la quintessence de son travail en permettant la réutilisation des créatures qui construisent son univers. Chaque nouveau-né venant compléter cette drôle de famille dans une joyeuse étrangeté.

Mécaniques Discursives

Fin 2011, sa rencontre avec Yannick Jacquet, vidéaste et membre du collectif AntiVJ, marque le début d’une intense collaboration artistique qui voit naître le projet Mécaniques Discursives. En quelques années, ils écument les festivals d’arts numériques avec plus de 40 expositions à travers le monde. Comme une parenthèse entre deux époques, Mécaniques Discursives confronte la plus ancienne méthode de reproduction d’image aux techniques les plus contemporaines de création numérique.
Mélange de gravures et de vidéo-mapping, fusion des arts plastiques et numériques, l’installation donne à voir l’univers captivant de Frédéric Penelle animé par les projections vidéo de Yannick Jacquet. D’une précision implacable, le duo d’artistes se met au service de l’imagination par un travail de composition où leurs connaissances techniques et leur sens de mise en espace se répondent dans une sorte de cadavre exquis géant.

Véritable fresque vivante, microcosme en perpétuel mouvement où les éléments, interconnectés par des liens discursifs, s’entremêlent et se prolongent dans des formes organiques ou mécaniques, Mécaniques Discursives réveille les souvenirs de chaque spectateur qui peut laisser libre cours à son interprétation personnelle et s’inventer ses propres histoires selon son imaginaire, son vécu, ses rêves ou de ses tourments.

Nancy Suárez
Historienne de l’art et directrice MAAC

¹Prix de la Gravure du Centre de la gravure et de l’image imprimée, La Louvière (2003), Prix de la Gravure de la Communauté française (2005),
1er Prix Art Contest (2007), Prix Paul Artôt (2008), Prix Médiatine COCOF (2009).

Mécaniques Discursives at Maac BXL – Loop from Yannick Jacquet on Vimeo.

Mécaniques Discursives at Maac BXL – Loop from Yannick Jacquet on Vimeo.

 

www.penelle.be
www.mecaniques-discursives.com

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